Organisation de l'action collective et rôle de la puissance publique pour le développement de l'agriculture guadéloupéene : les difficultés du modèle coopératif et de la concertation entre acteurs
2005
Delcombel, Elsa
La thèse vise à expliquer pourquoi, en Guadeloupe, les coopératives de commercialisation des productions agricoles, hors canne et banane, ont systématiquement échoué depuis quarante ans. L'analyse du cycle de vie de quelques-unes des coopératives les plus importantes permet de conclure à leur non viabilité financière. Elles n'ont survécu que grâce aux aides publiques qui sont venues compenser le manque de fonds propres et de bénéfices. Des enquêtes d'exploitations agricoles ont permis de mettre en évidence l'inadéquation de ces coopératives aux besoins et aux stratégies individuelles des exploitants, de ce fait faiblement engagés collectivement. Elles ne pouvaient répondre aux attentes que d'une très faible minorité d'exploitants, alors qu'elles ont été conçues pour organiser l'ensemble des exploitations d'une filière. Pourquoi alors la puissance publique a-t-elle encouragé et soutenu à chaque fois la création de nouvelles coopératives malgré les échecs répétés ? Une analyse, inspirée de l'Economie Politique, de la stratégie des différents acteurs institutionnels ainsi que de leurs interactions, met en évidence les contraintes qui les ont amenés à promouvoir ce modèle d'organisation, et empêchés de construire ensemble un projet de développement agricole plus adapté pour la Guadeloupe. La définition de ce projet nécessiterait, en plus d'un renouvellement des stratégies des acteurs institutionnels, un large consensus autour d'une approche renouvelée du développement économique, prenant en compte les caractéristiques spécifiques de l'économie guadeloupéenne, dont le développement est soutenu par les transferts publics plus que par le secteur productif local. (Résumé d'auteur)
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