Bilan des activités de restauration forestière à Dzeng et à Mindourou, Centre et Est Cameroun
2025
Peroches, Adrien | Fotso, Christian | Tatchi, Christian | Guizol, Philippe
Le présent rapport s'inscrit dans le cadre du projet PROFEAAC, qui vise à légaliser et formaliser l'exploitation artisanale du bois en Afrique centrale, tout en faisant la promotion de la restauration forestière. Le projet PROFEAAC comporte plusieurs composantes, dont la composante 2, qui concerne cette étude sur la mise en place de mesures locales de régénération et de reboisement. Ce rapport établit un bilan des activités de restauration forestière dans deux communes camerounaises : Dzeng (Centre) et Mindourou (Est). D'après la littérature, les facteurs moteurs de la déforestation dans ces régions sont : 1) les pratiques agricoles (défriche-brûlis, plantations de cacao et de cultures vivrières), 2) l'exploitation artisanale du bois d'oeuvre, qui reste largement informelle et non régulée, 3) la pression démographique croissante et l'urbanisation, surtout à Dzeng, qui stimulent la demande en bois et produits agricoles. L'étude repose sur plusieurs approches : 1) l'analyse des données de suivi des plantations effectuées par les bénéficiaires du projet, 2) le diagnostic agraire pour caractériser les pratiques agricoles locales et leurs évolutions, 3) l'analyses statistiques pour mesurer l'impact du projet sur la survie des arbres plantés. Le travail de terrain s'est déroulé sur deux semaines par terrain, complété par des études antérieures du projet PROFEAAC et d'autres initiatives similaires. Les principaux résultats sur les plantations peuvent être résumés ainsi : • A Dzeng, 30 bénéficiaires ont planté 1327 arbres (44,4 arbres/planteur). • A Mindourou : 67 bénéficiaires ont planté 1467 arbres (21,9 arbres/planteur). Le taux de survie à 12 mois : 48,6 %, avec une meilleure performance pour les arbres fruitiers (54,2 %) que les essences locales (45,8 %). A propos des dynamiques agricoles et foncières, le constat est le suivant : 1) La région est marquée par une déforestation accélérée, notamment due à (i) le souhait d'acquisition de droits fonciers par le " droit de hâche ", (ii) l'expansion des cultures du cacao et du manioc, 2) les terres sont gérées coutumièrement, avec une transmission patriarcale des droits fonciers, 3) les élites urbaines investissent de plus en plus dans des terres agricoles, ce qui stimule la conversion des forêts en plantations, notamment à Dzeng. Quatre systèmes de culture dominent : 1) la défriche forestière (SC1) : Association bananier-plantain et cultures vivrières sur terrains nouvellement défrichés, notamment pour l'acquisition foncière, 2) les cultures Vivrières sur friches (SC2): cultures de manioc, macabo, arachide et maïs sur des friches de 4 à 6 ans, 3) les cacaoyères (SC3) sont en plein essor, avec intégration de fruitiers et d'essences locales pour créer un système agroforestier, 4) Les bananeraies permanentes: Gestion durable des parcelles de bananiers. Compte tenu de la déforestation et la dégradation forestière, dans ces deux communes soumises aux défrichements agricoles et pour l'acquisition de droits fonciers, la restauration forestière peut avoir seulement un impact limité. Néanmoins, le projet PROFEAAC a su, en réorientant son appui, profiter de l'opportunité que représente le développement du cacao et des cultures fruitières dans ces localités afin d'encourager les planteurs à enrichir leurs cacaoyères en arbres fruitiers. Ce faisant le projet a pu s'ancrer dans le développement de la filière de cacao agroforestier camerounaise. On notera néanmoins que l'approche agricole du territoire et de ses dynamiques en cours semble plus adaptée et pertinente pour construire un projet de gestion durable d'un territoire qu'une approche purement forestière. En effet, il semble nécessaire de mieux accompagner les agriculteurs sur le long terme dans l'ensemble de leurs activités, y compris agroforestières.
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