Gouvernance de l’orpaillage dans le domaine de chasse de Bili-Uéré : entre application de la règlementation nationale et nécessités locales de survie dans la Province du Bas-Uélé en République démocratique du Congo
2024
Koy, Justin Kyale | Bamulezi, Gloire Ganza | Kebongobongo, Matthieu Mamiki | Mombenga, Serge Alebadwa | Tabu, Antoine | Kalala, Jean-Claude | Welepele, Camille | Tréfon, Theodore | Lamarre, Elie
French. La gouvernance de l’orpaillage artisanal se caractérise, dans la plupart des pays africains, par des pratiques informelles. Le Domaine de Chasse de Bili-Uéré (DCBU), l’aire protégée la plus vaste de la République démocratique du Congo (60 000 km2), est menacé par l’orpaillage artisanal dont la gouvernance mérite d’être questionnée. Cet article vise à démontrer comment les exigences locales de survie limitent l’application de la législation nationale dans la gouvernance de l’orpaillage dans ledit domaine. Pour y parvenir, la collecte des données a mobilisé une triple entrée d’instruments méthodologiques comprenant la documentation, le discours (entretiens individuels et de groupe) et l’observation directe. À l’issue de l’analyse des données, les résultats montrent que la gouvernance de l’orpaillage dans le DCBU se caractérise par une coexistence entre la règlementation nationale et les pratiques informelles. Cette coexistence est due aux nécessités socioéconomiques locales des parties prenantes, abandonnées par l’État dans ses fonctions régaliennes. Les acteurs impliqués dans la gouvernance de l’orpaillage ont ainsi développé des systèmes des relations autour des enjeux liés à cette activité. Ces résultats prouvent que la question de gouvernance de l’orpaillage dans le DCBU est complexe car les jeux des acteurs sont définis à tous les niveaux, notamment national, provincial et local. À chacun de ces niveaux, l’orpaillage repose sur une gouvernance de proximité très structurée, régie par la prédominance des règles informelles. Une réponse holistique de la part de l’État et des autres parties prenantes est donc nécessaire pour concilier les préoccupations socioéconomiques avec l’application de la règlementation minière et forestière.
Show more [+] Less [-]English. The governance of artisanal gold panning is characterized, in most African countries, by informal practices. The Bili-Uéré Hunting Domain (DCBU), the largest protected area in the Democratic Republic of Congo (60,000 km2), is threatened by artisanal gold mining, the governance of which deserves to be questioned. This article aims to demonstrate how local survival requirements limit the application of national legislation in the governance of gold panning in the said area. To achieve this, data collection mobilized a triple input of methodological instruments including documentation, discourse (individual and group interviews) and direct observation. At the end of the data analysis, the results show that the governance of gold panning in the DCBU is characterized by a coexistence between national regulations and informal practices. This coexistence is due to the local socio-economic needs of the stakeholders, abandoned by the State in its sovereign functions. The actors involved in the governance of gold panning have thus developed systems of relationships around the issues linked to this activity. These results prove that the question of gold panning governance in the DCBU is complex because the stakeholder games are defined at all levels, notably national, provincial and local. At each of these levels, gold panning is based on very structured local governance, governed by the predominance of informal rules. A holistic response from the State and other stakeholders is therefore necessary to reconcile socio-economic concerns with the application of mining and forestry regulations.
Show more [+] Less [-]AGROVOC Keywords
Bibliographic information
This bibliographic record has been provided by University of Quebec at Montreal