Ibrahima Fall est ingénieur des eaux et forêts et responsable du programme agricole à l’ONG Green Sénégal ( Groupe de Recherches et d’Études Environmentales).
Mostrar más [+] Menos [-]L’usage des TIC pour parvenir à la sécurité alimentaireCHAPEAUIbrahima Fall est ingénieur des eaux et forêts et responsable du programme agricole à l’ONG Green Sénégal ( Groupe de Recherches et d’Études Environmentales). Son action se concentre surtout sur la restauration e la fertilité des sols en vue de parvenir ou de maintenir une certaine sécurité alimentaire. Pour cela, il s’attache a adapter les SIG aux exploitations familiales. Il répond aux questions de Laurence Lalanne DURÉE DE LA BANDE : 4’38 FallCe que nous voulons c’est que la gestion des ressources naturelles soit combinée avec la sécurité alimentaire, justement parce que beaucoup de personnes pensent que ce sont deux choses antagonistes. Et nous essayons de travailler avec des exploitations familiales au niveau de nos sites d’intervention. Mais cette sécurité alimentaire, nous insistons surtout sur un fait, c’est la multiplication des semences pour les producteurs. On s’est rendu compte que dans cette zone du bassin arachidier dont je vous parle, au Sénégal, prés de 90% des agriculteurs ne disposent plus de semences. C’est pourquoi nous introduisons des semences améliorées que nous mettons à la disposition des producteurs. Ces semences sont multipliées et nous demandons à ce que chaque producteur garde une réserve personnelle qui lui servira l’année prochaine mais également qui reconstitue une partie, au terme de sa production, à la communauté. Moi je suis producteur, je bénéficie du projet, je fais ma production, au terme de ma production, je garde ma réserve personnelle, je prends une partie pour l’auto-consommation, une partie pour la vente et une partie que je restitue à la communauté pour qu’une autre personne puisse l’année prochaine bénéficier du projet. Chaque année, on multiplie le coefficient par trois pour pouvoir toucher plus d’exploitations familiales. Maintenant les canaux que nous utilisons… Pour un premier temps on ne peut pas toucher tout le monde, c’est pourquoi nous utilisons d’abord la radio, nous signons des contrats avec les radios communautaires qui sont au niveau local dans nos zones d’intervention pour d’abord expliquer notre démarche et ensuite pour amener les producteurs avec nous travaillons, qu’ils viennent développer leur expérience pour que d’autres puissent en profiter. LalanneMais si vous utilisez la radio en tant que comme technique ou technologie de l’information, vous allez avoir de plus en plus de demandes parce que la radio touche de plus en plus de demandes ?FallAbsolument. Nous aurons de plus en plus de demandes. C’est pourquoi nous voulons que la communauté également prenne en charge une partie de ces demandes là. C’est pourquoi à chaque fois que nous finançons un producteur, nous voulons que l’année prochaine, que lui-même puisse appuyer un autre producteur, pour que nous puissions passer de un à trois. Mais il n’y a pas que la radio que nous utilisons comme support de communication. Il y a aussi les animations villageoises que nous faisons. Nous venons dans une communauté ou peut-être certains acteurs agissent également et nous essayons de trouver des synergies d’action avec ces acteurs là et les assemblées villageoises, les réunions villageoises également permettent de toucher un plus grand nombre. Maintenant c’est un travail qui est très long et qui est très coûteux, c’est pourquoi nous faisons des animateurs locaux. LalanneAlors justement, vous dites, on fait des animations villageoises… C’est pas à moi à vous dire que l’Afrique depuis l’indépendance finalement, a eu des centaines de milliers d’animations villageoises par des vulgarisateurs. Les vulgarisateurs arrivent dans un village, font leur petit speech et puis s’en vont et… il n’y a pas beaucoup de résultats. Alors quelle est la différence avec ce que vous faites ? FallVoilà, justement, c’est un très très bonne question parce que c’est une question récurrente qu’on se pose. Vous savez la difficulté c’est qu’à chaque fois on a fait du top down, les choses sont conçues du haut et on vient au niveau de l’exploitant agricole ou bien du paysan lui faire avaler et maintenant les agriculteurs, ça ne marche pas. Nous faisons quelque chose de participatif : l’animation villageoise ce n’est pas nous. Ce sont nos producteurs qui font les animations villageoises parce que j’ai dit qu’au niveau de chaque site, nous faisons la promotion de l’animateur local. C’est l’animateur local que nous appuyons. Nous assistons aux sessions de formation, s’il y a des problèmes techniques, nous appuyons mais l’animation en tant que telle est faite par l’animateur local.LalanneOn voit un petit peu l’animation villageoise etc…Est ce que vous utilisez des technologies spécifiques… en dehors de la radio, je veux dire ? FallEn dehors de la radio, il n’y a pas de techniques spécifiques. Ce que nous sommes par contre et là ça fait partie de nos objectifs, c’est d’essayer de développer un Système d’Information Géographique (SIG) adaptée à l’exploitation familiale : Ça consiste à élaborer des cartes thématiques, par exemple pour la production. On va sérier la production parce qu’ il y a plusieurs variantes : il y a le niébé, les céréales quoi, le mil, les produits de diversification tel que le maraîchage, pour chaque spéculation, on va dire, une carte de production. L’exploitant « x » avec qui nous travaillons, qu’est ce qu’il a eu comme production ? Qu’est ce qu’il a eu comme rendement ? Qu’est ce qu’il a eu comme rapport ? Qu’est ce qu’il a eu comme gain au bout de la première année ? Est-ce qu’il a eu à faire un saut par rapport à une diversification de cultures ? En quoi cette diversification là lui a rapporté ? Ce sont ces tables là que nous voulons mettre en place. Donc il y a la table des productions, la table de la diversification des productions, la table des revenus et également la table de l’amélioration de la fertilité des sols. Ce sont surtout ces 4 choses là que nous essayons de combiner, adaptées au SIG parce qu’il se pose également un problème foncier au niveau du Sénégal.
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Este registro bibliográfico ha sido proporcionado por Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation