Coût-vérité de l'eau et contestabilité du modèle ASUREP dans les quartiers périphériques de Kinshasa-RDC
2021
Ditona Tsumbu, Hippolyte | Cammaerts, David | ADANT, Ignace | Lelo Nzuzi, Francis | Deliège, Jean-François
Francés. Kinshasa, capitale de la RD Congo connaît une périurbanisation accélérée mais déséquilibrée. L’extension des tissus urbains et périurbains ne s’est pas accompagnée d’un développement complémentaire des infrastructures de distribution d’eau servant les populations localisées dans ces tissus. Cela s’est traduit par de graves difficultés d’approvisionnement en eau potable (AEP): la REGIDESO censée assurer la fourniture du service de l’eau sur l’ensemble de la ville n’a pas été en mesure d’amener de l’eau dans les quartiers périphériques. L’accès à l’eau potable dans ces quartiers n’étant plus assuré, un modèle alternatif a pris le relais : des réseaux autonomes gérés par les ASUREP ont comblé le manque de service de distribution d’eau potable. Ils remplissent maintenant un rôle non-négligeable et constituent, sur papier du moins, une alternative originale à la distribution décentralisée de l’eau potable. Cependant cette alternative reste fragile au regard du cadre défini par la coopération au développement pour l’amélioration de l’AEP de quartiers périphériques de Kinshasa. Les raisons sont à trouver dans l’application des modalités de fonctionnement. Le fonctionnement de l’ASUREP doit, en effet, répondre à différents principes. Quand ils sont satisfaits ce n’est pas seulement la pérennité économique du service qui est assurée, c’est aussi sa légitimité publique. Le non-respect de ces principes devrait par contre conduire à des situations de contestation de cette solution originale de distribution de l’eau. Selon les cas, il pourrait s’agir d’une défiance larvée vis-à-vis de l’ASUREP se marquant par des questions prudentes mais répétées sur certains phénomènes observables ; on pense évidemment à la tarification de l’eau et à la qualité du service (qualité de l’eau, longueur des files d’attente, etc.). Dans d’autres cas, une forme de contestation plus vive pourrait émerger attestant d’une perte de légitimité et d’une exposition élevée à la contestation sociale de l’activité d’une ASUREP ou de l’ensemble du système au motif qu’il ne satisfait pas aux principes supérieurs qu’il prétend remplir en réponse au vide laissé par la REGIDESO. Comment caractériser la situation actuelle ? Elle est propice à la réalisation d’un état de contestabilité et à l’étude des conséquences d’une déviation des ASUREPS par rapport à ces principes supérieurs et à leur mise en œuvre. En effet, deux principes ne sont pas respectés en pratique : le principe d’autonomie de décision du coût de l’eau par l’ASUREP et le principe de tarification au coût-vérité de l’eau. De plus, on constate que la mise en œuvre d’une logique d'appropriation par les bénéficiaires est défaillante. Comment appréhender l’état de contestabilité ? Quelles sont les conséquences en termes d’acceptabilité sociale du modèle ASUREP.
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Este registro bibliográfico ha sido proporcionado por University of Liège