Les composantes de l'acidose ruminale et les effets acidogènes des rations
1999
Sauvant, Daniel | Meschy, F. | Mertens, D.
L’état d’acidose ruminale latente constitue une des préoccupations majeures de la nutrition moderne des animaux ruminants. En effet, l’accroissement des potentiels de production a entraîné l’apport de rations plus concentrées en énergie. De ce fait, le rumen de ces animaux doit traiter des quantités accrues de matières organiques fermentescibles et les fermentations plus intenses consécutives entraînent un état d’acidose aux effets zootechniques défavorables : interactions digestives négatives, dégradation du taux butyreux du lait, pathologies digestives et métaboliques... L’état d’acidose est également atteint car la sécrétion salivaire qui recycle les tampons ruminaux est insuffisante par rapport aux acides organiques produits par les fermentations. L’état d’acidose est apprécié à travers la mesure du pH de la panse. On estime que le pH moyen au cours d’une journée ne doit pas être inférieur à une valeur approximative de 6,25. Les recherches ont permis de montrer que de nombreuses caractéristiques des rations présentaient une influence sur le pH ruminal. Si on se réfère à la valeur seuil moyenne minimale de 6,25, il est possible de définir des limites pour les différentes caractéristiques mesurées sur les rations. Certaines limites recommandées se présentent sous forme de minima ; ainsi on estime qu’il faut au minimum 35 % de NDF/MS, 25 % de NDF de fourrage/MS, 2,5 mm de taille moyenne des particules de la ration ou 40 % de la MS sous forme de particules de taille supérieure à 2 mm. On sait en outre que l’indice de mastication de la ration doit être supérieur à 40 min/kg MS ingérée. Il existe également des recommandations de seuil maximum à ne pas dépasser. Ainsi la proportion d’aliments concentrés doit rester inférieure à environ 45 %/MS, celle d’amidon à 25 %/MS et celle d’amidon dégradable dans le rumen à 20 %/MS. D’autre part, il est connu que les niveaux élevés d’ingestion vont de pair avec un transit plus rapide et un pH plus faible, ainsi le pH moyen passe en dessous du seuil de 6,25 lorsque la MS ingérée excède environ 2,5 % du poids vif. Enfin les rations peu mastiquées sont ingérées rapidement et sont, de ce fait, acidogènes. On estime ainsi que chez le bovin la vitesse moyenne d’ingestion doit être inférieure à 50 g/min pour que les fermentations ruminales soient normales. En cas de risque avéré d’acidose, il est recommandé d’apporter des substances tampons à la ration, à une dose de l’ordre de 1 à 2 % de la MS ingérée. En conclusion, il est important de chercher à mieux caractériser les rations et aliments offerts aux ruminants en prenant en compte des critères " sécuritaires " en plus des paramètres classiques de valeur nutritive. Un exemple de méthode de prévision du pH à partir de tels critères est présenté.
Mostrar más [+] Menos [-]Ruminal acidosis is a major concern in modern nutrition of ruminant. Effectively, the increase of production potentials has been associated with a subsequent increase of the proportion of concentrate in the diets. Therefore the reticulo rumen of the high yielding ruminants has to digest increased quantities of fermentable organic matter. The following fermentation rate is sometimes dramatically increased, therefore ruminant pH decreases and this acidosis status lead to several zootechnical drawbacks: negative digestive interactions, decrease of the milk fat content, digestive and metabolic pathologies... An acidosis status of the rumen is the consequence of a reduction of salivary flow which recycles phosphate and bicarbonate buffers. The assessment of acidosis status is performed hom the pH measurement of the rumen fluid. It is generally believed that the mean pH must not be less than an approximative value of 6.25. Numerous experimentations allowed to demonstrate that various diet characteristics have an influence on the ruminal pH. Considering the threshold value of 6.25, it is possible to define the corresponding recommended values for the various diet items. A part of the allowances are expressed as minimal values. Thus it is recommended that the diets contain a minimum of 35 % of NDF (% diet Dry matter), 25 % of forage NDF, 2.5 mm of mean particle size in the diets or 40 % of the diet dry matter hom particles larger than 2 mm. Other recommandations are under the form of constraints of maximum. Thus the concentrate proportion in the diet must remain below to around 45 %/DM. For starch, the corresponding value is of 25 % dry matter and for ruminal degradable starch, it is of 20 % of DM. Moreover, it is recommended that the index of mastication of the diets must be maintained to values greater than 40 min /kg DM intake. Otherwise, it known that high levels of intake induce a shorter transit time and a lower pH. in the rumen. Thus the mean pH presents values below the threshold of 6.25 when the level of DM intake is higher than about 2.5 % of live weight. Endly when the animal has a rate of intake, more than 50 g/min, pH values become less than 6.25. in case of high risk of acidosis, it is recommended to provide mineral buffers at an approximative rate of I to 2 % of DM intake. In conclusion, it is very important to characterise precisely the diets which are offered to ruminants by taking into account safety parameters in addition to the classical parameters of the nutritive value. An example of empirical prediction of the pH hom such criteria is given.
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