Dynamique de la phénologie, de l’allométrie et du rendement des bleuetiers nains sauvages du Québec selon l’espèce et divers traitements agricoles
2020
Fournier, Marie-Pier
Le rendement des plants de bleuets sauvages est étroitement lié à plusieurs caractéristiques intrinsèques et extrinsèques. Pour ainsi améliorer la productivité, une meilleure compréhension de l’influence de l’architecture des plants, de la phénologie spécifique aux espèces et des traitements de fertilisation et de fauchage sur la production de fruit serait importante pour faire de meilleur choix de pratiques agricole en zone nordique. Pour ce faire, la première partie de cette étude porte sur la comparaison des traits phénologiques, architecturaux et allométriques entre les deux espèces présentes au Saguenay-Lac-Saint-Jean, soit Vaccinium angustifolium Aiton et Vaccinium myrtilloides Michaux. Dans la seconde partie de l’étude, ce sont les effets combinés sur les traits allométriques et le rendement de deux pratiques agricoles, soit le fauchage et l’application d’engrais, qui sont comparés dans une bleuetière en zone nordique. L’expérience s’est déroulée du printemps 2017 à l’automne 2018 sur une bleuetière commerciale située au nord du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La combinaison de fauchage – mécanique ou mécanique et thermique – et d’engrais – minéral, organique ou sans – a été appliquée sur les champs. La phénologie des bourgeons, la croissance en hauteur et en longueur, la masse des fruits par plant et par parcelle ainsi que le nombre d’éléments sur la plante (bourgeon, feuille, fleur, fruit, etc.) ont été notés selon le type de production en cours dans les champs, soit l’année après fauchage (pruning year) ou l’année de récolte (harvesting year). La surface foliaire spécifique, la biomasse hors-sol des plants, l’aire et la biomasse des feuilles ont été estimées à partir de la prise de donnée sur 192 plants récoltés. La comparaison entre les espèces a permis de montrer des différences entre elles : d’abord leur phénologie diffère et le bourgeonnement des feuilles et des fleurs de V. myrtilloides est retardé, dû à un nombre plus important de composantes structurelles (bourgeon, fleur, feuille) comparativement à V. angustifolium. La biomasse des fruits est similaire entre les deux espèces : V. myrtilloides possède des fruits plus petits, mais en plus grande quantité, ce qui peut être expliqué par la limitation de la pollinisation et par une biomasse hors-sol importante. Par son retard dans la phénologie des fleurs, V. myrtilloides pourrait être l’espèce la mieux adaptée à la zone nordique pour résister au gel printanier, mais la pollinisation devrait être augmentée. Pour ce qui est des pratiques agricoles, l’application d’engrais, qu’il soit minéral ou organique, améliore la majorité des traits de la plante, dont la production de fruit après deux années. L’engrais organique n’a cependant réussi à atteindre les résultats de l’engrais minéral qu’après deux années, comme il a dû être dégradé avant d’être rendu disponible pour les plantes. Le fauchage thermique, appliqué en plus du fauchage mécanique, a accru certains traits végétatifs, comme la biomasse des feuilles et de la plante. D’ailleurs, deux modèles prévisionnels ont été produits et qui montre que le nombre de fleurs avec l’application d’engrais ainsi que la longueur des branches et la biomasse de la plante sont les facteurs qui expliquent le mieux le rendement en fruit. L’étude confirme que l’utilisation d’engrais dans les champs de bleuet en zone nordique est essentielle, mais une étude à plus long terme sur le fauchage thermique est nécessaire pour vérifier si ce type de fauchage amène réellement plus de bénéfices que de coûts.
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Información bibliográfica
Este registro bibliográfico ha sido proporcionado por Université du Québec à Chicoutimi