Modélisation physique de la propagation des feux de forêts : effets des caractéristiques physiques du combustible et de son hétérogénéité
2008
Pimont, François
Les incendies de forêts se propagent au sein d’un combustible dont les caractéristiques physiquesaffectent le comportement, au même titre que les conditions atmosphériques et topographiques.Après une présentation des caractéristiques de la propagation d’un feu et des différents modèles depropagation, nous étudions le comportement du feu dans des combustibles homogènes en fonction de leurscaractéristiques physiques avec le modèle FIRETEC. Cette étude met en évidence un impact significatif de lafraction volumique (qui exprime la densité du combustible) sur la vitesse de propagation et l’intensité du feu. Lavitesse de propagation décroît avec la fraction volumique ; cette tendance est validée par quelques donnéesexpérimentales de feux de litières. Par ailleurs, le comportement du feu peut passer de « wind-driven » à « plumedominated » selon la fraction volumique. En présence de canopée, cette dernière pilote également le seuil depropagation entre « torching » et « crowning ». Son fort impact sur le comportement justifie la pertinence denotre interrogation concernant l’effet de l’hétérogénéité spatiale du combustible, qui se traduit par des variationsspatiales de la fraction volumique.Nous proposons ensuite une approche originale, inspirée de la bibliographie sur le rayonnement solairedans les canopées, pour aborder les problèmes d’homogénéisation du combustible dans le calcul du transfertradiatif. Elle souligne l’influence de certaines caractéristiques du combustible (coefficient d’absorption local) etde l’hétérogénéité spatiale (recouvrement, taille des hétérogénéités) sur l’échauffement radiatif qui pilote unepartie du comportement du feu. Lors de la propagation, les végétations les plus hétérogènes induisent unediminution de l’irradiance moyenne du combustible par rapport aux combustibles hétérogènes. Une distributioninsuffisamment détaillée de la structure spatiale tend donc à augmenter la vitesse de propagation. Dans lescanopées, une description de l’enveloppe des houppiers et la définition d’un coefficient d’agrégation à l’échellede la pousse s’avèrent suffisantes pour une évaluation précise du transfert radiatif. Concernant les stratesarbustives, une formule permet d’évaluer l’importance des effets attendus de l’hétérogénéité. Lorsque ceux-cisont importants, une méthode d’homogénéisation est proposée.Dans un troisième temps, le calcul des écoulements en présence de canopée est abordé sous la formed’une résolution explicite de la turbulence (large eddy simulation). Un travail de validation du modèle estproposé, sur la base de données expérimentales recueillies dans la littérature. Ces résultats illustrent l’influencesignificative de grandes coupures de combustible sur la nature des écoulements. Une investigation systématiquedes effets de l’hétérogénéité de la végétation sur l’écoulement est ensuite conduite. Pour une biomasse donnée,les résultats obtenus mettent en évidence que l’hétérogénéité du combustible induit une augmentation de lavitesse de l’écoulement moyen par rapport aux configurations homogènes. Les effets obtenus sont d’autant plusimportants que le recouvrement et la taille des hétérogénéités sont élevés et que les agrégats de végétation sontdenses. Une description à l’échelle des houppiers s’avère suffisante pour reproduire les écoulements au sein descanopées ; elle n’est nécessaire que lorsque le recouvrement est inférieur à 50 %.Enfin, nous étudions les effets de l’hétérogénéité de manière globale à l’échelle du paysage. Elle intégrel’ensemble des caractéristiques sur lesquelles l’hétérogénéité du combustible peut agir, y compris la source dechaleur. Elle confirme qu’une homogénéisation du combustible est à proscrire dans le cas des faiblesrecouvrements, alors que celle-ci ne pose pas de problème dans le cas de recouvrements élevés. Cependant, onobserve une différence de comportement selon le type d’écosystème envisagé : dans le pin Maritime,l’homogénéisation se traduit par une augmentation de l’intensité et des dégâts, alors que c’est le contraire pour lepin d’Alep, qui est moins dense. Le recouvrement apparaît comme une grandeur cruciale pour la description ducombustible à l’échelle de la parcelle. En effet, si une réduction du recouvrement de 75 à 50 % ne modifie passignificativement le comportement du feu, une réduction à 25 %, voire même à 0 % (suppression de la stratearborée) réduit très significativement les intensités prédites. Par ailleurs, la sévérité du feu diminue de manièreimportante lorsque l’on réduit le recouvrement. Cependant, les diminutions d’intensité et de sévérités’accompagnent d’une inclinaison progressive du panache, qui induit des températures plus élevées en avant dufront, qui peuvent être préjudiciables à la lutte. L’augmentation de la taille des hétérogénéités et des distancesentre les agrégats induit une diminution de la sévérité du feu dans le cas de l’écosystème à pin maritime.D’autres résultats suggèrent que cette diminution pourrait être plus significative pour des recouvrements voisinsde 50 %.Le travail s’achève sur une courte synthèse des différents enseignements de notre travail présentant uneutilité pour le gestionnaire. Elle inclut les études appliquées réalisées, qui mettent en évidence l’applicabilité desmodèles physiques. Quelques préconisations quant aux échelles appropriées à la description du combustible sontfournies, selon le type de modèle. Certains résultats concernant les écoulements sur les coupures sont appliqués àla pratique du brûlage dirigé. Le document s’achève sur quelques recommandations quant à la réalisation descoupures de combustible
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Informations bibliographiques
Cette notice bibliographique a été fournie par Fundamental Library of Latvia University of Life Sciences and Technologies
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