Études sur l'Ecologie et la Sylviculture du Mélèze (Larixeuropaea D.C.) - I. Écologie du Mélèze particulièrement dans les Alpes françaises - Introduction
1952
Oudin, Auguste | Fourchy, Pierre
International audience
Afficher plus [+] Moins [-]anglais. SUMMARY - STUDIES ON TIIE ECOLOGY AND SILVICULTURE OF LARCH(Larix europaea D.C.) - Ecology of LarchESPECIALLY IN THE FRENCH ALPS - After having recalled the geographic range of larch in Europeand in the Alps in general, the author studies more particularly thenatural area of this species in Fr•ance. Larch grows naturally onlyin the Alps and is confined to the most central zone of this mountainchain. This species occupies there in its natural range about70.00o hectares, 90 % of wich are concentrated in the southernAlps (Brianconnais, Ouey-ras, Embrunais, Ubaye, Gapençais, AlpesMaritimes).The physiology- of larch is characterized by the importance ofits transpiration. Larch is fairly accomodating as to the amount ofprecipitation. A too heavy rainfall seems unfavourable if it is notbalanced by other climatic factors faciliting transpiration. But, atoo light summer rainfall is a barrier to the expansion of larch,even if the. total annual precipitation remains sufficient and thislargely accounts for the limit of its area in the Southern FrenchAlps.In its natural range, larch does not suffer front marked extremesor sudden variations of temperature. In fact, temperature acts chieflyin connection with rainfall. This is shown by the aridity indexes.When these indexes are too high, larch does not occur : it is thearea of spruce, fir and beech. Likewise, larch does not grow in theMediterranean zone, where the monthly summer indexes are belowa certain level (about 20).Humidity, clouds, fogs and light certainly play an important partin the distribution of larch.Aspect comes only to accentuate or correct such and such climaticfactor.As to the edaphic factors, the chemical composition of the soilhas no action. Acidity does not seem to exert an unfavourableinfluence on the growing stands, but it prevents natural generation.The depth of the soil apppears to be of minor importance. Larchis sufficient. It is an essential factor at every stage of its life.The biotic factors are very important for the distribution andthe successful growth of larch. Being a light-demander it suffersfrom the competition of the other forest species, both in the maturestate and to establish its regeneration. In relation with thisviewpoint, the ground cover plays a fundamental part on accountof the competition of the roots for water.Larch is not a climax species. It is a pioneer species (immatureand virgin soils, fallen earth, moraines, embankments) or a « crisis» species which conquers the ground temporalily, taking advantageof a change in the plant communities which occupy it, as aconsequence of the alteration of certain natural conditions or ofthe disturbance caused by foreign factors (chiefly man with hiscattle and his logging operations).Therefore, the permanence of larch is possible but it must beprotected against its competitors forest or herbaceous growth. Theforester who wants to regenerate a larch stand must artificially inducethe necessary « crisis » by means of a generally fairly heavycutting in the old stand with elimination of the associated species,and a soil working, in order to rejuvenate the soil and give the seeda neutral or slightly acid substratum which it can reach directlyvvithout entering into competition with other plants.The practice of regeneration fellings and superficial hoeings provesrather delicate. By eliminating certain unfavourable conditions(defiency in light, excess of ground cover, etc...) care must be taken,not to create other conditions which might b,e detrimental lattr on(excess of sunlight, danger of drought or f rost damage).The kind or treatment matters little : even aged high forest orgroup selection felling seem equally suitable, if well conducted. However,clear cutting is not advisable.As to the growing stands, they should not be dense; early cleaningsor thinnings are advisable, if they are suited to the economicand local conditions.Cattle grazing which is not unfavourable if moderately operatedmust be strictly and temporarily forbidden when regeneration isto take place.In any case, the forester must not forget that, without his constantand active intervention, the larch stand which is no a climaticformation, will disappear and will be replaced by more stable forestassociations, but commercially less valuable.For everything related to pedology and biotic factors, refer to thememoir published in this issue by Ph. DUCITAUFOUR from whichmost of the above conclusions have been drawn.
Afficher plus [+] Moins [-]français. Le Mélèze d'Europe (Larix europaea D.C.) a une aire d'extension naturelle morcelée : Alpes, Monts des Sudètes, Pologne, Karpathes, qui n'est que le reflet des vicissitudes subies par cette essence au début de l'ère quaternaire. Cette aire naturelle est parfois difficile à déterminer exactement, car des introductions artificielles nombreuses, exécutées un peu partout en Europe Centrale, sont venues embrouiller les choses. Dans les Alpes, on le trouve représenté sur un territoire étendu qui va de la région de Nice à celle de Vienne en suivant les hautes chaînes. Sur ce territoire, le Mélèze évite les zones soumises aux influences climatiques océaniques, si bien qu'il est absent des Préalpes et chaînes bordières en France, en Suisse et dans le Vorarlberg. A l'Est et au Sud, il descend par contre volontiers jusqu'au contact de l'avant-pays — de telle sorte que, si sa zone de plus grande dissémination se trouve surtout au-dessus de la cote 1000, il n'est pas rare jusqu'à l'altitude de 500 mètres et descend même parfois au dessous(240 en Basse-Autriche). Il est représenté abondamment jusqu'à la limite supérieure de la végétation forestière, variable selon les régions. Dans son aire naturelle, il s'associe fréquemment à l'Epicéa, aux Pins, plus rarement au Sapin, au Hêtre. En France, le Mélèze occupe, à l'état naturel, environ 70.000 hectares dans les hautes vallées des Grandes Alpes de l'Est. Peu abondant dans les « Alpes du Nord » : région de Chamonix, Tarentaise, Maurienne, Oisans, Valjouffrev, Champsaur, où il ne couvre que 8.000 hectares au total, il trouve son véritable pays d'élection dans les « Alpes dit Sud » : bassin de la Haute-Durance (Briançonnais, Queyras, Embrunais, Ubaye, Gapencais) : 45.000 hectares, vallée duVerdon : 2.000 hectares, et Alpes Maritimes : 15000 hectares. Absent de tout le restant du territoire national à l'état spontané, il a été introduit artificiellement et avec succès dans certaines régions, mais d'une manière modérée et diffuse. Au total, il n'occupe en France, à l'état naturel ou artificiel, que 105.000 hectares au total, environ. Lorsqu'on étudie Faire d'extension naturelle actuelle du Mélèze, il ne faut pas perdre de vue qu'elle est, non seulement sous la dépendance des conditions écologiques présentes, mais qu'elle est également une conséquence des conditions climatiques ou biotiques anciennes, qui ont connu des fluctuations nombreuses dans le passé, notamment lors des glaciations quaternaires. Le tempérament physiologique du Mélèze est caractérisé par le besoin qu'éprouve cet arbre de transpirer fortement. Il se différencie à cet égard de tous les autres Résineux et se rapproche des essences feuilles caduques les plus exigeantes sous ce rapport. C epoint est important, car il conditionne bien des particularités du Larix en matière de préférences écologiques. Le Mélèze est une espèce indifférente à la pluviosité en elle même. Toutefois ce facteur, conjointement avec d'autres, peut intervenir pour fixer les limites de l'aire naturelle d'extension de l'essence. Une trop grande pluviosité parait défavorable, si elle n'est pas compensée par d'autres facteurs climatiques facilitant la transpiration. Par contre, une trop faible pluviosité d'été est un obstacle absolu sa propagation, même si le total des précipitations annuellesreste honorable ; et ce dernier point explique en grande partie sa limite d'extension dans nos Alpes du Sud. Le Mélèze, dans son aire naturelle, ne craint ni les extrêmes accentués, ni les écarts brutaux de température. En fait, la questiontempérature intervient, dans l'écologie de l'essence, surtout en combinaison avec la pluviosité: c'est ce qui ressort de l'étude des indices d'aridité. Lorsque ceux-ci sont trop élevés, on se trouve dans la zone de l'Epicéa, du Sapin et du Hêtre, le Mélèze est absent. Lorsque les indices mensuels d'été sont inférieurs un certain seuil (20 environ), on entre dans la zone méditerranéenne dont le Larix est également absent. Les gelées hors de saison n'ont aucun effet fâcheux sur le Mélèze l'intérieur de son aire naturelle d'extension. Par contre, en climathumide ou océaniatte. en plaine, elles sont fort â craindre etsemblent responsables de beaucoup des insuccès inexplicables constatés,lors de l'introduction de cette essence hors de sa station.Le vent n'a pas d'action bien nette.L'état hyorométrique, la nébulosité et les brouillards, la luminositéjouent certainement un rôle important sur la répartition du Mélèze. Mais il s'agit de facteurs météorologiques encore mal connus, surtout en montagne. Etat hygrométique faible, brouillards rares, forte luminosité sont plutôt favorables une essence qui transpire fortement. Tous ces facteurs climatiques, auxquels il faut joindre l'exposition, sont en réalité solidaires les uns des autres. Le Mélèze a besoin d'un approvisionnement en eau suffisant, propre à satisfaire son tempérament d'essence à forte transpiration. L'ensemble desfacteurs climatiques forme un tout, à. l'intérieur duquel certaines compensations réciproques peuvent intervenir. Seule la résultante finale a de l'importance.
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