Etude de prévalence de T. gondii chez les mammifères marins en France et génotypage
2025
Thoumire, Sandra | Dabin, Willy | Demaret, Fabien | Girard, Ombeline | Lausted, Madeleine | Varna dos Santos, Anca | Villena, Isabelle | Le Roux, Delphine | Passebosc-Faure, Karine | Mercier, Aurélien | Blaga, Radu | Biologie moléculaire et immunologie parasitaires et fongiques (BIPAR) ; École nationale vétérinaire d'Alfort (ENVA)-Laboratoire de santé animale, sites de Maisons-Alfort et de Normandie ; Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES)-Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES)-Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement (INRAE) | Centre de Recherche sur les Mammifères Marins (CRMM) ; La Rochelle Université (ULR) | Observatoire pour la Conservation de la Mégafaune Marine (PELAGIS) ; LIttoral ENvironnement et Sociétés (LIENSs) ; Institut national des sciences de l'Univers (INSU - CNRS)-La Rochelle Université (ULR)-Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS)-Institut national des sciences de l'Univers (INSU - CNRS)-La Rochelle Université (ULR)-Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS)-Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) | Celulle de transfert ADERA Archéo GéoPhysique - Prospection GéoPhysique pour l'Archéologie (AGPhy vaLoR) ; Institut du littoral et de l'environnement (ILE) ; La Rochelle Université (ULR)-La Rochelle Université (ULR) | Epidémiosurveillance de protozooses à transmission alimentaire et vectorielle (ESCAPE) ; Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA)-Université de Rouen Normandie (UNIROUEN) ; Normandie Université (NU)-Normandie Université (NU)-Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) | Centre National de Référence (CNR) Toxoplasmose/Toxoplasma Biological Resource Center (BRC) (CNR Toxoplasmose-Toxoplasma BRC) ; CHU Limoges | Hôpital Dupuytren [CHU Limoges] | Epidémiologie des Maladies Chroniques en zone tropicale (EpiMaCT) ; Institut de Recherche pour le Développement (IRD)-CHU Limoges-Institut d'Epidémiologie Neurologique et de Neurologie Tropicale-Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM)-OmégaHealth (ΩHealth) ; Université de Limoges (UNILIM)-Université de Limoges (UNILIM) | Biopôle Alfort ; École nationale vétérinaire d'Alfort (ENVA)
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Afficher plus [+] Moins [-]français. Toxoplasma gondii est un protozoaire intracellulaire strict, capable d’infecter une grande variété d’hôtes d’intermédiaires à sang chaud : mammifères et oiseaux. Les oocystes émis dans les fèces des chats et autres félidés (hôtes définitifs) sont résistants dans l'environnement, notamment dans l'eau de mer. Ils peuvent rester infectieux pendant plusieurs mois, et constituer une source de contamination pour les mammifères marins. De nombreuses études à travers le monde ont permis de mettre en lumière la présence de ce parasite, avec une prévalence globale chez les mammifères marins sauvages de 22.4% (Li et al., 2022), arguant d’une contamination du milieu marin notable, avec un impact considérable sur la santé des écosystèmes pouvant présenter un risque pour la santé humaine. En France, les données concernant la prévalence de T. gondii chez les mammifères marins demeurent limitées. L’objectif de notre étude est d’évaluer la prévalence de T. gondii chez des mammifères marins échoués entre 2010 et 2023 sur les côtes métropolitaines françaises, et de caractériser la diversité génétique des souches.Un total de 60 muscles de mammifères marins échoués sur les côtes de la Méditerranée, de l'Atlantique et de la Manche a été prélevé, comprenant 43 dauphins communs (Delphinus delphis), 6 grands dauphins (Tursiops truncatus), 5 marsouins communs (Phocoena phocoena), 3 dauphins bleu et blanc (Stenella coeruleoalba), 1 globicéphale noir (Globicephala melas), 1 phoque gris (Halichoerus grypus), 1 baleine à cuvier (Ziphius cavirostris). Quatre-vingt-quinze pourcent (57/60) des spécimens étudiés provenaient de la côte Atlantique dont 74 % (42/57) appartenaient à l’espèce dauphin commun (Delphinus delphis). Après collecte des fluides musculaires, un test d’agglutination directe haute sensibilité (ADHS) a été réalisé sur les 60 échantillons. Les résultats obtenus (seuil ≥1/6) suggèrent une séroprévalence globale de 56,7 % (34/60) [IC 95% : 0.442, 0.692]. La séroprévalence pour les dauphins communs (Delphinus delphis) était de 69.8 % (30/43) [IC 95% : 0,5613 ; 0,8341]. Deux marsouins communs (Phocoena phocoena), et 2 grands dauphins (Tursiops truncatus) étaient séropositifs. Toutes les autres espèces étaient séronégatives. Une PCR quantitative ciblant la séquence répétée 529 bp et le gène B1 a validé la présence de l’infection à T.gondii chez 8 dauphins communs. Trois isolats ont pu être génotypés à partir de l’ADN extrait mettant en évidence 3 nouveaux génotypes de type II. L’un proche d’un génotype trouvé chez 3 patients (français) et d’un porc français, à 2 marqueurs de différence. Un autre se rapprochant de 2 souches de patients français, avec une variation sur un seul marqueur. Le dernier type II se rapproche le plus d’une souche humaine isolée à Nantes et d’une souche animale originaire de Turquie, avec 3 marqueurs différents. Un quatrième isolat génotypé partiellement a mis en évidence une souche atypique.La séroprévalence élevée de T. gondii chez les mammifères marins, en particulier chez le dauphin commun suggère une forte contamination du milieu marin par les oocystes. L’identification de trois nouveaux génotypes de types II témoigne de la diversité génétique du parasite et de sa circulation entre le milieu terrestre et marin, notamment via le lessivage des sols souillés par les matières fécales de chats contaminés. La mise en évidence d’un génotype incomplet semblant atypique pose la question d’une possible introduction sur nos côtes de souches atypiques exotiques qui pourraient être en lien avec les migrations de ces mammifères marins. Cette transmission suppose un risque pour la santé publique, en particulier par consommation de produits de la mer potentiellement contaminés (Robertson, 2007). Les résultats concernant certaines espèces doivent être interprétés avec prudence en raison du faible nombre d’échantillons, d’où la nécessité d’une étude plus large pour mieux comprendre les facteurs de risque et les implications écologiques.
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Informations bibliographiques
Cette notice bibliographique a été fournie par Institut national de la recherche agronomique
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