Cultiver des microbes pour lutter contre la pourriture brune du cacaoyer
2002
CTA
La libéralisation des filières agricoles a entraîné la suppression des subventions d’intrants, au moment où les prix agricoles chutaient. Les paysans camerounais sont depuis incapables d’acheter les fongicides pour lutter contre la pourriture brune des c
Показать больше [+] Меньше [-]CULTIVER DES MICROBES POUR LUTTER CONTRE LA POURRITURE BRUNE DU CACAOYERCHAPEAULa libéralisation des filières agricoles a entraîné la suppression des subventions d’intrants, au moment où les prix agricoles chutaient. Les paysans camerounais sont depuis incapables d’acheter les fongicides pour lutter contre la pourriture brune des cabosses de cacaoyer. Comme alternative, l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) développe depuis 1999 des recherches sur la lutte biologique contre cette maladie. Des chercheurs de l’IRAD ont identifié des microbes qui vivent dans les cacaoyères et qui peuvent combattre le champignon responsable de la pourriture brune. Des tests en milieu paysan sont prometteurs. Pierre Roger Tondje, responsable de ce programme de recherche, répond aux questions d’Etienne Tassé.DUREE DE LA BANDE3’10TondjeC’est une méthode de lutte qui consiste à utiliser les micro-organismes, ennemis naturels des agents pathogènes pour minimiser ou supprimer ces agents dans le milieu. Dans l’environnement, chaque être vivant a son ennemi. Or quand on se retrouve au niveau d’un champ de cacaoyers, on ne voit que la maladie. Mais on n’ignore que dans le même champ, il y a les ennemis naturels de la maladie. Il y a des microbes qui ont la possibilité de combattre ce microbe qui provoque la maladie. Notre rôle donc en tant que chercheur dans ce domaine c’est de chercher et d’isoler ces microbes et puis de les multiplier en grande quantité et de les remettre au niveau du milieu naturel pour qu’ils nous aident à lutter contre la maladie.Tassé Vous êtes à quel niveau maintenant de votre recherche ?Tondje Nous avons déjà isolé plusieurs micro-organismes en laboratoire qui ont un antagonisme certain contre la pourriture brune qui est une maladie très grave ici au Cameroun et qui provoque parfois près de 80 % de perte en champ et nous avons commencé depuis l’année dernière, on a commencé quelques tests en champ pour valider ce qu’on a vu en laboratoire et cette année nous avons lancé des tests sur trois localités différentes. Ce qu’on voulait voir, c’était de savoir si les microbes que nous avons isolé ont une capacité de bloquer la maladie en champ. Et là nous l’avons vu ….vous avez d’ailleurs là quelques photos que nous avons prises en champ et maintenant nous voulons le faire avec un plus grand espace.Tassé Comment le paysan pourra faire pour pouvoir avoir ces microbes-là, parce que c’est un peu plus difficile, non ?TondjeL’approche de l’IRAD sur la lutte biologique c’est de mettre à la disposition du paysan une méthode de lutte qui est peu coûteuse et qui aide le paysan à préserver l’environnement. Donc ce sera possible de faire multiplier ces microbes ici sur place dans des groupements paysans ou dans les organismes agréés mais nous n’en sommes pas encore à ce niveau. Il y a aussi des possibilités que ce soit multiplié ailleurs mais notre objectif c’est d’avoir une méthode de lutte peu coûteuse utilisant les sous-produits locaux. TasséIl paraît que vous avez également fait des recherches au niveau de la lutte botanique.Tondje Oui justement, ce programme a démarré l’année dernière ; nous avons commencé avec cannabis sativa et nous avons pu trouver qu’il y a un effet évident de cannabis sativa contre la pourriture brune. Mais cet effet est moins fort que le produit chimique qui était le Nordox. Mais les résultats étaient très encourageants.TasséEst ce que ici à l’IRAD, vous avez une stratégie d’ensemble de lutte contre les maladies des plantes ?TondjeL’approche actuelle c’est l’approche intégrée qui veut que toutes les méthodes possibles de lutte soient mis ensemble pour lutter contre la maladie. Fin de la bande.
Показать больше [+] Меньше [-]