Modéliser le cheptel national français pour évaluer l’influence de choix techniques sur ses émissions de GES
2012
Puillet, Laurence | Agabriel, Jacques | Peyraud, Jean-Louis | Faverdin, Philippe
Different mitigation options have been proposed to reduce greenhouse gas (GHG) emissions from cattle farming, especially the intensification of animal production per head. Until now, these options have not been analyzed at the national level and thus ignore the interactions between dairy and beef cattle. Hence, we developed a national cattle herd model to simulate milk and meat production and the GHG emissions depending on technical farming choices related to breeds, their productivity and the type of finishing. The model combines a component that simulates herd functioning and a component that simulates herd demography. The model predicts the number of cattle in each breed given the constraints of herd composition and national production achievement (2010 French references for milk, slaughterings and exports). Different scenarios of animal production intensification were simulated. The results show that increasing Prim’Holstein milk productivity (from 7500 to 11500 kg/cow/year) led to a GHG decrease of 2.03% (expressed in % of the 2010 situation). Even though the milk productivity increase was associated to a decrease in numerical productivity (number of calves per cow present), the GHG decrease was only 0.56%. The results also show that a dairy herd with only Normandy breed cows led to a slight GHG increase (+ 0,99%). However, when Normandy breed calves, with their good conformation, were finished as young bulls instead of veals, the scenario led to a GHG decrease of 4.01%. Regarding the beef herd, an intensification based on carcass weight increase and fattening time decrease led to a slight GHG decrease of 1.42%. When combined with higher calf mortality, this scenario led to a GHG increase of 1.85%. The model results highlight the interest of having a global approach to assess technical choice effects, such as intensification, on GHG emissions and thus better evaluate trade-offs between production and the environment.
Показать больше [+] Меньше [-]Pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’élevage bovin, il existe plusieurs leviers d’action, dont l’intensification de la production animale par tête. A ce jour, l’efficacité de ces leviers n’a pas été analysée au niveau national, en considérant l’équilibre relatif entre les cheptels laitier et allaitant. Nous avons développé un modèle du cheptel bovin national qui simule les productions de lait et de viande et les émissions directes de GES en fonction des choix techniques liés aux races, à leur productivité et aux trajectoires de finition. Le modèle combine un module de simulation du fonctionnement du cheptel national et un module de simulation de sa démographie. Il prédit les effectifs de bovins dans chaque race sous contraintes de composition du cheptel national et de réalisation des objectifs de production sur la base des références françaises de 2010 pour le lait, les abattages et les exportations. Des scénarios d’intensification animale contrastés ont été simulés. Les résultats (en % de la référence 2010) montrent que l’augmentation de la productivité laitière de la race Prim’Holstein de 7500 à 11500 kg/vache/an permet une réduction des GES émis de 2,03%. Si cette augmentation est associée à une baisse de la productivité numérique (nombre de veaux par vache présente), la réduction des GES n’est plus que de 0,56%. Un cheptel laitier national composé uniquement de vaches de race Normande conduit à une légère augmentation des GES (0,99%). Cependant, si les veaux de race Normande, qui sont mieux conformés, sont finis en jeunes bovins plutôt qu’en veaux de boucherie, ce scénario conduit alors à une réduction de 4,01% des GES. Pour le cheptel allaitant, l’intensification via une augmentation des poids de carcasse et un raccourcissement des cycles de finition permet une légère réduction des GES de - 1,42%. Si ce scénario est associé à une forte mortalité des jeunes, il conduit alors à l’inverse à une augmentation des GES de 1,85%. Ces résultats montrent l’intérêt d’une approche globale pour apprécier les effets de choix techniques, comme l’intensification, sur les émissions et mieux évaluer les compromis entre production et environnement.
Показать больше [+] Меньше [-]